Stratégie d’investigation pour les sites industriels pollués par les HAP

Les anciens sites industriels de la carbochimie de la région Nord Pas-de-Calais recèlent des hydrocarbures polycycliques aromatiques, polluants caractéristiques de la transformation des charbons retrouvés aussi bien sur les sites d’anciennes cokeries, d’usines à gaz ou d’autres industries des dérivés.

Deux études ont été réalisées en parallèle et en aveugle sur un même site carbochimique en vue de l’évaluation scientifique et technique de méthodes complémentaires d’investigation et d’analyses. Le site a fait l’objet d’une campagne de mesures géophysiques (électrique et magnétique).

L’étude du Pôle de Compétences a associé les spécificités propres des laboratoires universitaires du CREID et de l’ISA, les méthodologies des sociétés Gester/Géostock, Gore, Pontignac et AGREN. Basées sur un maillage triangulaire (h = 15 m) du site, deux méthodes d’analyse d’éthanol, l’une par pompage in situ, l’autre par adsorption passive sur cartouche en place, ont été mises en œuvre. En fonction des résultats obtenus, des sondages en échantillonnage continu non destructif ont été réalisés sur 5 axes caractéristiques du site. Après relevés géologiques et  » organoleptiques « , des échantillonnages systématiques aux différentes profondeurs ont été réalisés. Différents paramètres physico-chimiques classiques (pH, pertes au feu, NTK, sulfates) ont été déterminés, ainsi que les teneurs en HAP aux différents niveaux.

L’étude du CNRSSP a été basée sur la réalisation de mini-fosses profondes de 80 cm, sur une maille régulière carrée de 20 mètres permettant à la fois l’analyse des gaz émis par ces fosses (signal global par PID) et un échantillonnage moyen des terres enlevées, avec description des profils superficiels rencontrés. Sur le même maillage, une campagne de forages carottés en fin diamètre a permis d’investiguer la tranche de sol entre 0.8 et 1.7 m de profondeur. Les teneurs en HAP (16 molécules de la liste EPA), l’indice phénols, le pH et le COT ont été mesurés dans les échantillons solides prélevés en fosses et par forage. Des dosages par kits immuno-enzymatiques ont été testés sur des échantillons à différents niveaux de concentration en HAP. Enfin, deux échantillonnages particuliers ont été réalisés dans deux fosses foncées, l’une dans une zone à fortes teneurs en HAP, l’autre à faibles teneurs.

Les résultats indépendants de ces deux études ont été croisés et analysés à l’aide des techniques statistiques classiques et des techniques géostatistiques.

Les résultats et les conclusions qui seront présentées concernent :

l’intérêt de la géophysique pour l’exploration préliminaire de sites complexes, les apports
des analyses de gaz pour l’investigation de sites pollués par les HAP,
des paramètres physico-chimiques classiques,
la nécessité d’une approche géostatistique pour l’interprétation des données, la validation de comparaison de méthodes et la localisation des pollutions,
l’influence du choix des points d’échantillonnage sur les cartographies de sites.

Valorisation énergétique de la Biomasse

La valorisation optimisée des combustibles solides a toujours été le souci du Groupe CdF : quand cette préoccupation rejoint la protection de l’environnement, cela donne, pour une île comme la Réunion, environ 45 % de l’énergie électrique annuellement nécessaire aux besoins du réseau EDF produite au moyen d’un combustible écologique et renouvelable, et 35 % dans le cas de la Guadeloupe.

Les 2 sucreries de la Réunion traitent environ 2 000 000 tonnes de cannes pour produire plus de 200 000 t de sucre par an et plus de 620 000 tonnes d’un résidu ligneux, la bagasse, dont le pouvoir calorifique est celui d’un lignite (charbon n’ayant pas achevé son cycle de minéralisation).

Habituellement, les sucreries consomment une partie de la bagasse pour couvrir leurs besoins de vapeur et d’électricité et l’excédent doit être éliminé. Cette élimination se fait le plus souvent par fermentation et émission de méthane, et par brûlage à l’air libre, dans de très mauvaises conditions thermiques (émissions d’une grande proportion d’imbrûlés solides et gazeux).

C’est pourquoi SIDEC et CdF Ingénierie, filiales de CdF, ont réalisé 2 centrales d’une puissance de 2 x 30 et 2 x 32 MWe, respectivement à Bois Rouge et au Gol à la Réunion, et une centrale de 2 x 32 MWe à la Guadeloupe. Ces unités valorisent toute la bagasse produite durant la campagne sucrière tout en assurant les besoins énergétiques de la sucrerie et en délivrant l’excédent de production électrique sur le réseau. Hors campagne sucrière, le relais est assuré par le charbon.

Du point de vue de l’environnement, la centrale mixte bagasse/charbon, utilisant la totalité de la biomasse disponible, est favorable sur tous les plans, qu’il s’agisse des polluants classiques (SO2, NOx, poussières) ou du CO2 par rapport aux solutions de production alternative d’énergie électrique utilisant des hydrocarbures liquides.

En outre, ce type de centrale mixte est déterminant dans le maintien et le développement de la filière canne et des emplois liés.

Ce sont ces raisons qui ont conduit au développement et à la réalisation par SIDEC d’une 4ème unité de 2 x 35 MWe à l’Ile Maurice à laquelle CdF Ingénierie est à nouveau associée.

Pour plus d’information voir le site : http://www.developpement-durable.gouv.fr/